Le 5 mars dernier, le crooner british le plus frenchy de tous les temps Hugh Coltman a offert un showcase digne de ce nom lors d'une Dock live Sessions. L'occasion pour l'artiste de passer derrière le micro de Benoit Thuret, notre animateur, pour répondre à quelques questions sur son rapport à la musique, son travail avec ses musiciens mais aussi sur son dernier album, "Good Grief", l'album de la renaissance, et de l'acceptation du deuil.
Hugh Coltman : un artiste qui prend plaisir à jouer collectif
Sorti en août 2024, "Good Grief" est l'album le plus intime de Hugh Coltman. Un projet sincère, qui reflète une période assez sombre, et complexe de sa vie. Si le musicien a affronté des tempêtes en écrivant cet opus, il est loin d'être un auteur solitaire, insistant sur l'importance du collectif dans le processus créatif :
"C’est mon nom sur la fiche, mais on a vraiment travaillé ça en groupe" - Hugh Coltman
Ce travail collaboratif, il le fait depuis longtemps, mais c'est surtout avec cet album qu'il a pu le développer.
"J’avais un blocage, j’écrivais des textes sans réussir à me projeter. Mathis Pascot est venu avec de belles mélodies, et petit à petit, l’album a pris forme" - Hugh Coltman
En studio comme sur scène, Coltman laisse une grande liberté à ses musiciens, avec lesquels il entretient une vraie complicité de longue date, ce qui explique l'harmonie entre eux : ils se connaissent tellement bien que tout est plus facile. Il évoque notamment Raphaël Chassin, son batteur depuis 15 ans, Matthis Pascaud son guitariste avec qui il a fait l'album "Night Trippin" en hommage à Dr John, et Laurent Vernerey, son bassiste, qui a joué un rôle clé dans l’arrangement de Maybe I’m Afraid. Pour lui, la musique est une conversation permanente :
"On n’est pas obligés d’envoyer des mails pour dire : ‘on fait ceci ou cela’, ça se crée sur le moment, et c’est magique" - Hugh Coltman
Un musicien qui n'a pas envie de rentrer dans les petites cases
Si on a tendance à associer Hugh Coltman au jazz, le musicien a du mal à s'y reconnaître totalement :
"Quand j’écris, je ne me demande jamais si c’est trop blues, trop jazz ou trop folk. Si ça me fait vibrer, j’y vais" - Hugh Coltman
Mais une chose est sûre : si le chanteur parle très bien français, il préfère l'anglais pour chanter.
"J’aimerais bien chanter en français, ce serait une marque de respect pour le pays où je vis depuis 25 ans. Mais chanter, c’est viscéral, et je ne ressens pas le français du bout des doigts" - Hugh Coltman
Good Grief : un deuil, mais aussi une renaissance
Avec ce disque, Hugh Coltman accepte certaines étapes de sa vie, même les plus douloureuses.
"Good Grief, c’est une référence au deuil de mon père, mais aussi au deuil de l’adolescent que j’étais jusqu’à la fin de mes 40 ans" - Hugh Coltman
Le titre de l’album joue sur cette double signification :
"En anglais, c’est aussi une expression de surprise, comme un ‘bon sang’ teinté de stupéfaction" - Hugh Coltman
Si Good Grief aborde des thèmes profonds et peu évidents à décrire, sa musique reste lumineuse et pleine d'espoir.
"Il y a une mélancolie, mais pas de lourdeur. On peut regarder les choses dures avec un peu de recul" - Hugh Coltman
Enregistré en live, sans artifice, l’album capture l’instant et la sincérité du groupe.
"On voulait une musique brute, avec peu d’instruments, où chaque son trouve sa place sans en écraser un autre" - Hugh Coltman
Avec Good Grief, Hugh Coltman prouve une fois de plus que la musique est avant tout une aventure collective, où l’authenticité prime sur les étiquettes. Un album sincère et vivant, à l’image de son créateur.