Sarah Vaughan, ou le jazz dans la peau
Le 3 avril 1990, le monde du jazz perdait l'une de ses voix les plus iconiques : celle de Sarah Vaughan. Affectueusement surnommée "Sassy", ou même "The Divine One" - un surnom qu'elle n'a pas volé - elle a laissé un héritage musical inestimable, s'éteignant à l'âge de 66 ans des suites d'un cancer du poumon. Aujourd'hui encore, son univers riche, marché par sa technique vocale unique et son expressivité, continue de résonner dans les playlists des mélomanes du monde entier.
Née dans le New Jersey en 1924, la petite Sarah va très vite développer son talent pour la musique. Elevée dans une famille aussi religieuse que musicienne, la petite fille va s'initier très vite au chant et à l'harmonium, se produisant régulièrement dans l'orchestre de son école et à l'église. Peu à peu, le chant prend plus de place, et va y consacrer toute son énergie. Pari gagnant, puisqu'à tout juste 18 ans, elle va remporter un célèbre concours de chant pour amateurs, celui là même qu'Ella Fitzgerald avait remporté 10 ans plus tôt. Un indice de choix, pour son lancement de carrière.
Cette victoire lui ouvrira les portes du succès, mais surtout celles du big band d'Earl Hines, où elle va faire ses premières armes aux côtés de Dizzy Gillespie et Charlie Parker. Dès lors, elle va devenir une figure incontournable du jazz bebop, avant de prendre un virage davantage pop dans les années 50. C'est à cette époque qu'elle enregistre des standards devenus légendaires, comme Misty, Lullaby of Birdland ou encore Tenderly. Sarah Vaughan n'a pas peur d'aller sur des terrains inconnus, où on ne l'attend pas, notamment dans la bossa nova.
Jusqu'à la fin de sa carrière, Sarah Vaughan va continuer d'éblouir les scènes du monde entier, avant de s'éteindre, laissant derrière elle une empreinte indélébile sur le jazz.